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OBLIGATOIREConvention collective coiffure : ce que vous devez vraiment appliquer
Publié le 25 mai 2026
Vous gérez un salon de coiffure et employez des salariés. La loi s'applique, bien sûr — mais votre secteur dispose en plus d'une convention collective nationale propre : la CCN de la coiffure et des professions connexes (IDCC 2596), étendue par arrêté et applicable à l'ensemble du territoire.
Elle impose des obligations concrètes en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail. En voici les points essentiels, traduits en langage clair.
C'est quoi la CCN coiffure ?
La Convention Collective Nationale de la coiffure (IDCC 2596) du 10 juillet 2006 s'applique à toutes les entreprises dont l'activité principale est la coiffure — salon, domicile, ou hors salon — sur tout le territoire français. Elle s'impose à vous même si vous ne l'avez jamais signée.
1. La tenue de travail est à votre charge (art. 16)
Si vous imposez à vos salariés le port d'une tenue particulière — blouse, tablier, uniforme — vous avez l'obligation de la fournir à vos frais et d'en assurer le nettoyage. La tenue reste la propriété de l'employeur.
Concrètement : vous ne pouvez pas demander à vos salariés d'acheter leur tenue ou de la laver chez eux si vous l'imposez. Ce point est régulièrement source de litige lors de contrôles.
2. L'hygiène est encadrée par des textes spécifiques (art. 15)
La convention renvoie explicitement à l'application stricte du règlement sanitaire départemental type (titre VI, section 3). Cela couvre la désinfection des outils, la propreté des locaux, la gestion du linge et des déchets.
En cas d'inspection, l'absence de procédures d'hygiène documentées peut constituer un manquement à vos obligations d'employeur — et alimenter un contentieux prud'homal si un salarié développe une affection cutanée ou respiratoire.
3. La durée du travail est strictement encadrée (art. 8)
La CCN fixe des règles précises que beaucoup d'employeurs ne connaissent pas :
- Durée journalière maximale : 10 heures de travail effectif
- Amplitude journalière maximale : 11 heures (12h exceptionnellement, 2 jours/an max)
- Répartition hebdomadaire : sur 4, 4,5 ou 5 jours maximum
- Repos hebdomadaire : dimanche + 1 jour supplémentaire (2 jours consécutifs 1 fois/mois sur demande)
- Contingent annuel heures supp. : 200 heures par salarié et par an
- Durée annuelle en modulation : 1 582 heures
En cas de dépassement non justifié, vous exposez l'entreprise à des rappels de salaire et à une requalification des heures en heures supplémentaires majorées.
4. Le travail du dimanche obéit à des règles précises (art. 9)
Le repos dominical reste la règle. Si un salarié travaille le dimanche, la convention impose deux contreparties cumulatives : une journée de repos compensateur dans les deux semaines suivantes, et une prime égale à 1/24 du salaire mensuel. Le travail dominical se fait sur la base du volontariat, avec un préavis minimum de 15 jours.
5. Le CHSCT est obligatoire dès 50 salariés (art. 5.3)
Pour les salons ou groupes atteignant 50 salariés, la constitution d'un Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) est obligatoire. En dessous de ce seuil, les délégués du personnel (obligatoires dès 11 salariés) exercent partiellement ces missions.
6. Les congés pour événements familiaux sont imposés (art. 13.2)
Ces congés sont accordés sans condition d'ancienneté et sans réduction de salaire :
- Naissance ou adoption : 3 jours
- Mariage ou PACS du salarié : 4 jours
- Mariage ou PACS d'un enfant : 1 jour
- Décès du conjoint, père, mère, beau-parent, frère, sœur : 3 jours
- Décès d'un enfant : 5 jours
- Décès d'un grand-parent ou petit-enfant : 1 jour
- Annonce de handicap chez un enfant : 2 jours
Ce que ça change concrètement pour vous
Ces obligations doivent être intégrées dans votre Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP). Les règles d'hygiène, les risques liés à la durée du travail et au stress, les équipements de protection — tout cela doit y figurer, mis à jour au moins une fois par an.
Un salarié qui saisit les prud'hommes peut s'appuyer sur ces articles de la CCN pour obtenir des rappels de salaire, des dommages et intérêts, ou la requalification de son contrat. La convention collective a force obligatoire — l'ignorer ne vous en exonère pas.
