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CHIFFRE CLÉ

Onglerie et prothésie ongulaire : des risques professionnels sous-estimés

Publié le 26 mai 2026

Rythme soutenu, postures figées, manipulation quotidienne de résines, gels et solvants, évolutions rapides des modes et des produits… Les instituts de soin et prothésie ongulaire concentrent des risques professionnels réels que la petite taille des structures tend à minimiser.

Pour chaque accident, pour chaque maladie professionnelle, c'est le fonctionnement et la rentabilité de votre entreprise qui sont touchés.

Dans le secteur des soins de beauté (source : Cnam)

33 000
journées perdues par an
81 jours
d'arrêt en moyenne par accident du travail
244 jours
d'arrêt en moyenne par maladie professionnelle
60 %
des accidents liés aux chutes
24 %
des accidents liés aux manutentions manuelles

Le chiffre le plus frappant : 244 jours d'arrêt en moyenne par maladie professionnelle. C'est plus de 8 mois d'absence pour un seul salarié — souvent liés à une allergie aux résines ou aux acrylates, irréversible une fois déclarée.

Les 4 risques majeurs du secteur

1. Allergies et intoxications aux produits chimiques

C'est le risque le plus grave en prothésie ongulaire. Les résines acryliques, les gels UV, les primers, les dissolvants et les colles contiennent des substances hautement allergisantes — notamment les méthacrylates. L'exposition répétée, même en faibles quantités, peut déclencher une allergie de contact professionnelle.

Une fois déclarée, tout contact avec la substance en cause provoque une réaction — la maladie est irréversible et peut mettre fin à la carrière du salarié. Les vapeurs et poussières générées par le limage sont également inhalées en continu en l'absence de ventilation adaptée.

Actions concrètes : choisissez en priorité les produits les moins dangereux, installez une ventilation mécanique ou aérez régulièrement les locaux, équipez les tables de travail d'un dispositif d'aspiration des vapeurs et poussières, faites porter des gants jetables en nitrile, un masque et des lunettes de protection lors des manipulations.

2. Douleurs aux bras, au cou et au dos (TMS)

Les techniciennes ongulaires passent leurs journées dans une posture statique, penchées en avant, bras tendus, dans une position qui sollicite en continu le cou, les épaules et le bas du dos. La répétition des gestes fins de limage, de pose et de modelage aggrave les contraintes sur les poignets et les coudes.

Actions concrètes : aménagez les plans de travail pour que les bras et mains du salarié et du client soient en position confortable, achetez des sièges réglables en hauteur avec dossier et assise adaptés, testez le matériel avec les salariés avant l'achat, permettez aux salariés de bouger régulièrement et de varier leurs postures entre deux clients.

3. Chutes de plain-pied

60 % des accidents dans le secteur sont liés aux chutes — c'est la première cause d'accident. Les sols encombrés, les rangements en hauteur, les dénivelés non signalés et l'éclairage insuffisant sont les principaux facteurs.

Actions concrètes : rangez les produits et matériels posés au sol et dégagez les zones de passage, veillez au bon état du sol (réparez les sols endommagés, supprimez ou signalez les dénivelés), limitez les rangements en hauteur pour travailler de plain-pied, sécurisez les escaliers (nez de marche antidérapant, éclairage, mains courantes).

4. Stress et agressions

Le travail en institut d'onglerie combine plusieurs facteurs de stress : flux de clientèle soutenu, interruptions fréquentes par le téléphone et l'accueil, gestion des retards, exigences et parfois agressivité de certains clients. Ces situations peuvent générer un stress chronique et des risques d'agressions verbales.

Actions concrètes : privilégiez le travail sur rendez-vous et adaptez l'effectif à l'activité, organisez le travail pour éviter les interruptions de soins par le téléphone ou l'accueil, mettez en place des temps de pause réguliers, donnez aux salariés des consignes claires sur la conduite à tenir en cas de problème avec un client.

Le risque chimique : un point de vigilance spécifique

Les produits de prothésie ongulaire sont classés CMR

Certains composants des résines et gels (méthacrylates, acrylates) sont classés substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR). Leur manipulation impose des obligations renforcées : évaluation spécifique dans le DUERP, substitution si possible, mesures de protection collective en priorité, EPI adaptés, et formation obligatoire des salariés exposés.

Chaque produit utilisé doit être accompagné de sa fiche de données de sécurité (FDS), disponible auprès du fournisseur. Ces fiches doivent être conservées dans l'entreprise et accessibles à tous les salariés.

Vos obligations légales

  • Rédiger et tenir à jour un DUERP intégrant le risque chimique, les TMS, les chutes et les RPS
  • Conserver les fiches de données de sécurité de tous les produits utilisés
  • Fournir gratuitement les EPI adaptés : gants nitrile, masque, lunettes, chaussures antidérapantes
  • Installer une ventilation adaptée ou aspiration locale des vapeurs et poussières
  • Former les salariés aux risques des produits et aux gestes de prévention

En l'absence de DUERP, vous exposez votre entreprise à une amende de 1 500 € par salarié et à une responsabilité pénale personnelle en cas d'accident ou de maladie professionnelle.

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